Les landes de l'Essonne

 

Les conditions du milieu

  En Essonne, les landes sont implantées sur des grés et des sables dégagés par l'érosion des calcaires et sur certaines argiles à meulière. Le sol est acide, très peu épais et extrêmement pauvre en éléments minéraux.
Si le grès est imperméable, la zone peut être très humide et on a alors une zone tourbeuse.
Si le sol est placé sur du sable, de l'argile ou un grès perméable (s'il est fissuré), seule une lande sèche peut s'installer. Nous observons alors dans l'ordre décroissant de la richesse minérale les sols suivants sols bruns acides, sols lessivés, sols podzoliques et podzol.

 

  ETE

HIVER


Histoire et maintien du milieu

Ces landes constituent avec les pelouses calcaires les derniers souvenirs d'une activité pastorale autrefois répandue en Ile-de-France. Si ces espaces sont abandonnés par l'homme, les arbres poussent et le milieu se ferme, c'est-à-dire se transforme en forêt. Ces landes ne peuvent donc exister que grâce à un entretien par l'homme, essentiellement par fauchage et pâturage très extensif. Une autre méthode : le feu courant, consiste à faire brûler la végétation, il est extrêmement délicat à mettre en place, peut être très destructeur et il est déconseillé. L'étrépage consiste en un décapage de la couche superficielle du sol, elle défavorise la germination des graminées et des arbres pionniers et favorise la germination des bruyères.

Ces conditions extrêmes favorisent des espèces spécialisées

La flore

La végétation montre un aspect en mosaïque avec des zones boisées, des zones sèches, des zones humides, des mares fermées ou ouvertes.
Les landes sèches et acides sont composées essentiellement de lichens, de mousses et de petites Ericacées comme la Callune et la Bruyère cendrée ou d'autres plantes peu exigeantes comme l'Hélianthème jaune.
Les plantes annuelles comme la Petite oseille sont nombreuses à tenter leur chance entre les derniers froids et l'été trop sec.
Dans les zones les mieux entretenues, les arbres pionniers comme les pins ou le bouleau sont isolés ou regroupés en bouquet. Mais sur certaines platières, ils ont envahi l'ensemble du milieu, entraînant la transformation de la lande basse en une formation d'arbrisseaux.

Zone humide en hiver

 

Les zones humides sont relativement pauvres en espèces, mais ces espèces rares en Essonne n'existent pas dans d'autres milieux. Les groupements à Jonc rude sont très intéressants. Dans d'autres groupements, vous observerez fréquemment la Molinie bleue ou plus rarement la Petite toque. Certaines espèces ont malheureusement disparu, comme la Rosolis à feuille ronde.

Les zones inondées temporairement abritent des espèces très particulières comme Ranunculus ololeucos ou Lythrum portula.

Dans les mares poussent essentiellement du potamot, des lentilles d'eau, mais aussi l'étrange et rare utriculaire intermédiaire.

Mare permanente en Hiver


La faune

Les lapins très nombreux et d'autres brouteurs comme le chevreuil contribuent au maintien de cette végétation très basse, qui favorise certains lépidoptères caractéristiques, ainsi que quelques oiseaux de milieux ouverts.

L'oiseau typique est l'invisible engoulevent au chant mystérieux.

Les mares abritent une faune de petits diptères piqueurs à développement rapide (des moustiques quoi!), mais aussi quelques batraciens et quelques prédateurs voraces comme les dytiques et d'autres coléoptères aquatiques.

Toutes mes félicitations à celui qui pourra me donner le nom de cet oiseau.

La pression humaine

L'absence d'entretien entraîne la fermeture et la disparition des landes, mais ce milieu se remet aussi très mal des autres actions humaines, comme les incendies, les détours des randonneurs, des cavaliers ou des VTTistes. Seules les espèces les plus résistantes survivent aux agressions, la richesse floristique diminue par conséquent les animaux disparaissent aussi. Nous devons donc respecter les landes et encourager les initiatives de protections comme par exemple la mise en réserve biologique domaniale et l'entretien de la zone du Coquibus par l'ONF.