Blongios nain
ou Butor blongios

Ixobrychus minutus, famille des Ardéidés. 

33-38 cm de long, 52-58 cm d'envergure 

Migrateur, visible de fin avril à septembre 

Très discret. De petite taille.
Mâle : Plumage jaune ocre, poitrine rayée d'ocre et de blanc. Dos, pointes des ailes, queue et calotte noirs. Bec devenant rouge en cas d'excitation.
Femelle : Plus terne et plus brune. Rayures du cou plus nettes et tirant sur le roux.
Jeune : Plumage brun moucheté et rayé. Ressemble à un Butor étoilé en miniature.
Vole au ras de l'eau ou des roselières avec des battements rapides et saccadés, souvent sur de courtes distances avant de se fondre dans une roselière.
Chant du mâle ressemblant à un aboiement étouffé : ouor... ouor... ouor... se répétant régulièrement environ toutes les 2 ou 3 secondes.
Cris d'appel ou de vol : kok, coin nasillard.
Cris des jeunes très variés : ké ké ké ké ké, sirl très doux, tirourou, etc...

 
 
 
Le fantôme du marais
Le Blongios nain brille par sa discrétion, sa capacité à se déplacer sans bruit dans la profondeur des roselières. Son étude se révèle difficile mais pleine de surprises et d'interrogations insolubles!

Migrateur
transsaharien, il revient sur ses sites de nidification au milieu du printemps, fin avril-début mai. Les mâles peuvent alors commencer leurs chants, émis de façon très aléatoire selon les années et les sites.

Son habitat typique est composé de marais d'eau douce ou littoraux, les lacs, les étangs, les rivières mais aussi les sablières, les grands parcs urbains ou les bassins de retenue. La présence de roseaux, parfois de massettes, même sur une faible surface, d'eau douce, et de buissons (saules, tamaris...) semble être recherchée.

La répartition de l'espèce s'étend sur tous les continents sauf l'Amérique, en distinguant 4 sous-espèces. En France, sa distribution est très discontinue, suite à sa raréfaction catastrophique.

Son régime alimentaire est très varié : petits poissons, batraciens, larves et insectes aquatiques, libellules attrapées au vol...

Le Blongios niche généralement en couples isolés, les mâles défendant leur territoire, mais des colonies lâches existent dans les zones les plus densément fréquentées. Son nid est une coupe formée de roseaux et de brindilles, construite au-dessus de l'eau, souvent dans les roseaux mais parfois dans des arbustes ou des arbres. 5 à 6 oeufs y sont couvés par les deux parents pendant 16 à 20 jours. Les oisillons sont recouverts d'un comique duvet ocre et sont rapidement capables de grimper aux roseaux. A 23 jours, ils sont capables de voler et se dispersent rapidement.

Le départ en migration intervient dès août et jusqu'en octobre, au crépuscule et en groupe.

Une des espèces les plus rares de France
Autrefois commun partout en France, le Blongios nain a connu un déclin alarmant depuis les années 70. En 1968, ses populations françaises étaient estimées à 2000 couples et aujourd'hui seulement à 200-300 couples !

Les causes sont principalement attribuées à la destruction ou la dégradation de son habitat (drainage des marais, destruction des roselières, aménagements des rivières, pollution des eaux...), mais surtout à la mortalité durant les migrations et l'hivernage. En effet, les grandes sécheresses des années 70 et 80 ont désertifié ses zones de transit et d'hivernage. Des aggravations locales de cette situation peuvent aussi être dues à des dérangements en période de nidification ou des mortalités avant le départ en migration (nicheur tardif, le Blongios est encore présent dans les marais au moment de l'ouverture de la chasse).

Le Blongios nain
est protégé par la loi du 10 juillet 1976, relative à la protection de la nature en France. Il est également inscrit à l'Annexe I de la Directive Européenne "Oiseaux" et est concerné par la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe.

Connaître le Blongios en Essonne
Depuis 1997, NaturEssonne a entrepris l'étude du Blongios nain en Essonne afin de préciser sa répartition, d'évaluer ses effectifs nicheurs et mieux comprendre sa biologie et son comportement, puis de caractériser son habitat et ses sites de reproduction.
Ces éléments devront permettre de mieux cerner les enjeux de gestion des sites pour la conservation de cette espèce et de son habitat.

Une dizaine de bénévoles, passionnés par le Blongios, s'organise donc chaque année afin de faire le suivi des sites habituellement fréquentés et de découvrir de nouveaux sites. Des observations régulières (environ 1 fois par semaine) sont réalisées ainsi que des prospections ponctuelles (forte pression d'observation sur un seul site) deux à trois fois pendant la saison de nidification.

La population nicheuse de l'Essonne semble ainsi pouvoir être évaluée dans une fourchette de 5 à 20 couples, les preuves de nidification étant très difficiles à apporter du fait de la discrétion de l'oiseau. En 1999, l'observation plus facile d'un nid nous a également permis de recueillir des éléments sur sa vie mystérieuse, notamment le comportement des jeunes.


... et en France

En 1997, s'est également créé le Groupe d'Etude Blongios Nain (GEBN), réseau informel d'associations, d'observateurs et de structures intéressées par l'espèce en France. Il a pour objectif principal de mieux connaître l'espèce au niveau national, sa répartition, ses effectifs et leur évolution, son écologie et sa biologie. NaturEssonne s'y est activement associé dès sa création.


 
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